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Le nouveau blog de jechantemagazine

Le blog du magazine JE CHANTE ! Les archives du journal créé en octobre 1990.

Quand Moustaki chantait en arabe sous le nom de Eddie Salem...

GEORGES MOUSTAKI

Les enfants du Pirée
De Shangaï à Bangkok
Dans mon hamac

 

En juin 1960, Georges Moustaki enregistre, sous le pseudonyme de Eddie Salem, deux super 45 tours sur le label Ducretet Thomson, dans la série « Pour danser ». Le premier comprend quatre titres d'inspiration « orientale » interprétés en franco-arabe (Ya ma leili, J'ai déjà dit non). La préface de ce 45 tours insiste sur l'absence de direction d'orchestre : « Tous les participants — musiciens attitrés et amateurs inspirés venus se mêler à eux — se livrent à leur fantaisie en brodant sur le thème donné, et apportent toute leur spontanéité à l'ambiance générale. »

 

Sur le second EP, Moustaki-Salem reprend en bilingue Les enfants du Pirée, grand succès de l'année, et deux autres chansons grecques. Les sept autres titres de ce premier CD constituent donc des inédits, enregistrés dans la foulée, mais jamais publiés à ce jour : la version anglaise du Jugement dernier (qu'il enregistrera l'année suivante), des traditionnels (When the saints, Old black Joe), un standard d'Elvis Presley (All shook up), deux slows et un rock parodiques (Ce sera ta fête, Je veux t'aimer et Le rock des proverbes). Entouré d'une bande de copains (notamment Hugues Aufray et Henri Garcin), Moustaki se révèle être un sacré déconneur !

 

Les deux autres CD reprennent l'intégralité des enregistrements Ducretet Thomson (7 EP entre 1960 et 1966) déjà publiés plus cinq titres rares parus uniquement sur des compilations (La mer m'a donné, C'est celle-là que j'aime, Riviera, Les derniers sont les premiers, Fleurs de méninge). Bonus : deux inédits de 1960 (Mi muchacha, Port d'Espagne) et la première version du Facteur, enregistrée en 1964.

 

Moins portées par un personnage et une époque comme dans la décennie suivante, les « chansons de jeunesse » de Moustaki ne manquent pourtant pas de charme ! Certaines sont surtout connues par ses interprètes (Les amours finissent un jour, Eden blues, Les musiciens, De Shangaï à Bangkok).

 

Extrait d'une interview de 1996 (JE CHANTE N° 20) :

 

On peut dévoiler un épisode peu connu de votre longue carrière. En 1960, vous enregistrez, sous le nom d’Eddie Salem, un disque en arabe et un disque en grec. C'était un gag ? Une idée de vous ?
Non, une idée de ma maison de disques, parce que le BIEM (le Bureau International des Éditions Musicales) avait déclenché un mouvement de grève et interdit aux maisons de disques d’enregistrer les chansons du répertoire. Les studios étaient déserts et on pouvait uniquement enregistrer des titres du domaine public. Comme c’était la mode de Mustapha, le directeur artistique de Ducretet Thomson, Serge Greffet, m’a proposé de faire un disque en arabe. Et ça a relativement marché ! Vendre quinze mille disques, à l’époque, c’était un succès. Dans la foulée, on m’a demandé d’en faire un en grec. Et j’ai fait aussi un rock and roll tourné en dérision mais je ne l’ai jamais terminé. Je l’ai toujours à la maison !

 

Et pourquoi ce pseudonyme ?
Eddie, pour faire un pied de nez à Eddie Barclay, qui avait sorti Mustapha de Bob Azzam, et Salem, parce que ça signifie la paix en arabe.

 

• CD 855 113-2, 855 114-2 et 855 732-2.

Quand Moustaki chantait en arabe sous le nom de Eddie Salem...

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Mattias 01/09/2016 22:49

Quelle belle surprise de la part de cet Alexandrin de naissance !

Krief 14/12/2013 19:37

Super